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Ce blog a pour but d'échanger des idées et des ressentis sur des livres, des citations, des lieux, des voyages, sur la vie, la recherche du bonheur...l'amour...

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Mathilde

chapelle

 

Voici mon texte pour l'épisode 54 de l'atelier d'Olivia : des mots une histoire.

 

Les mots imposés cette semaine sont: erreur – tendresse – train – thorax – scolopendre – lutte – inconnu – inexorablement – boue – pavillon – compagnie – foyer – neige – étude – mésange – flocon – accoster – désorienté – parcours – tomate – chanter – gare – livre

 

Mathilde

 

Louis n’avait pas pu sauver Mathilde, sa sœur cadette. Il y a 3 ans maintenant, elle avait choisi d’en finir et s’était donnée corps et âme à cet océan qui la fascinait tellement. Elle aurait pu vulgairement se tirer une balle dans le thorax mais elle avait préféré suivre les traces de Virginia Woolf , en finir avec le mensonge et s’offrir  le grand saut, ou plutôt le grand plongeon vers l’inconnu.

 

Louis préférait dire qu’elle avait lutté vainement pour essayer de rejoindre l’Angleterre sans escale, sorte de tour immonde en solitaire.

 

Il n’avait pas voulu revendre le pavillon hérité de leurs grands parents d’où Mathilde s’était élancée lors de  son dernier parcours. Il était trop attaché à cette maison, à ce trait de côte sauvage et mystique , aux falaises balayées par les flots, aux roches déchiquetées et désorientées par la fureur des vagues. Inexorablement, le vent s’engouffrait dans le clocher de la chapelle désaffectée et parfois la cloche retentissait mélancoliquement . Louis imaginait alors que l’âme de Mathilde se rappelait à son bon souvenir.

 

Ici , dans cet endroit magique de Bretagne, aucun  risque de voir accoster des paquebots géants de croisière, sorte de méga boites de conserves pour haricots plus trop verts en mal de voyage, proposés par des compagnies aux ambitions pharaoniques. Aucun risque d’être envahi par une horde de touristes. Pas de train , de gare,  ni d’autoroute, ici on ne pouvait arriver que par erreur ou pour réparer les erreurs de la vie.

 

En ce jour d’hiver, saison pour laquelle Louis avait le plus de tendresse, la bruyère de la lande environnante était  enlacée par son amant poudré :  les jours de neige étaient si rares qu’ils en devenaient exquis.

Louis pensait à Mathilde et se disait que sa vie avait été semblable à celle d'un flocon , elle était partie du ciel, avait connu une longue chute pour finalement s’écraser, mettant un point final à sa fragile suspension.

 

Il ne saurait jamais pourquoi Mathilde, pourtant plus proche des mésanges que des mouettes avait décidé ce jeudi là  de joindre son cadavre à celui des poissons dans cet amalgame de boue marine. Sûrement un chagrin d'amour trop fort pour elle.

 

Lorsque Louis écoutait chanter les flots depuis le haut du phare voisin, il s’imaginait Mathilde transformée en sirène et pouvait presque entendre sa mélopée envoûtante.

Heureusement, il avait lu l’histoire d’Ulysse et Pénélope,  son épouse, l’attendait à Rennes, travaillant sans relâche sur une improbable  thèse consacrée à la reproduction chez les scolopendres. Ainsi après chaque pélerinage  en solitaire auprès de sa sœur, il retrouvait son foyer avec bonheur.

 

Pénélope était sa vie, son amour, sa vitamine , son jus de tomate, sa crevette polissonne et friponne, sa dérobade aux yeux de jade, sa vie,  son oxygène, sa raison d’être.

 

En fermant le portail bleu assorti aux hortensias qui bordaient la maison,  Louis  se dit que s'il arrivait un jour  à terminer et à faire publier  le livre qu’il avait commencé , il le dédierait aux 2 femmes de sa vie.

 

 

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A
<br /> Un très beau texte sur la disparition d'un être cher, ce n'est pas évident :) J'ai évidemment souri à l'évocation de la femme de ton personnage, on doit bosser au même endroit ;)<br />
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M
<br /> <br /> Merci mais je te suis pas pour  on doit bosser au même endroit....explique moi s'il te plait, je suis curieux de comprendre...<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Belle journée à toi, merci de ton passage.<br /> <br /> <br /> <br />
E
<br /> Ambiance triste certes... et le rythme de l'écrit suit celui des pensées du héros... Très convaincant et prenant.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Coincoins polissons !<br />
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M
<br /> <br /> Mercis frippons alors....merci de ton passage ici...<br /> <br /> <br /> <br />
J
<br /> "Ici on ne pouvait arriver que par erreur ou pour réparer les erreurs de sa vie;" Hormis le fait que j'ai beaucoup aimé ton texte, cette phrase me laisse pensif. Il est des voyages qu'on ne<br /> regrette pas ma balade ici en fait partie. <br />
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M
<br /> <br /> Que dire sinon que ton commentaire me touche... la Bretagne m'inspire, c'est tellement beau que ça donne envie<br /> de mots...<br /> <br /> <br /> <br />
C
<br /> Oups, j'ai oublié de te dire que j'ai adoré "le tour immonde en solitaire". <br />
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M
<br /> <br /> Merci, on est tous à un moment donné des navigateurs en solitaire, souvent plus qu'on ne le voudrait...<br /> <br /> <br /> <br />
C
<br /> C'est bien triste la disparition d'un être aimé. Mais le fait que l'on finisse sur une note d'espoir, fait que l'on se<br /> sent mieux. C'est déprimant, parce que c'est trop bien écrit et que l'on investi le personnage. <br />
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M
<br /> <br /> Cériat tu te laisses porter par le texte et tant mieux...merci de ton passage ici<br /> <br /> <br /> <br />