Ce blog a pour but d'échanger des idées et des ressentis sur des livres, des citations, des lieux, des voyages, sur la vie, la recherche du bonheur...l'amour...
Voici ma participation aux plumes de l'année, édition des mots commençant par O.
Voici les 22 mots de la récolte de cette semaine.
or – opale -orange – osmose – ode – obligation – offense – oh – ordinaire – orage – opportunité – ouvert(e) – onirique – obsession – ombrelle – obéissance – oubli – octave – orgue(s) – océan – orme – orchidée.
Je n'ai pas utilisé le mot octave dans le texte que voici.
Ma vie n'a même pas la chance d'être ordinaire : elle est d’une tristesse sans égal, une vie d’obéissance rangée, d’abnégation résignée.
Pourtant, d’où je suis , le décor est idyllique : Je tutoie des yeux les orchidées du salon, par la fenêtre à gauche, je vois les feuilles piquées d’or des ormes préparant l’hiver, et par celle de droite j’aperçois l’océan qui discute avec le phare les jours d’orage.
J’entends même les rossignols fabriquant odes et amours chantées.
Ma maison est nelle, ce décor est fantastique et pourtant il me tue à petit feu. Ma vie est vide. J’ attends. Je l’attends. Je suis l’oubli "dépersonnifié" par excellence. Ma vie est une abstraction, un feu orange clignotant permanent. Seul le bon vouloir de Monsieur pourrait colorer mon existence. Si seulement il pouvait avoir l’obligation de s’occuper un peu de moi...
Je n’ai qu’un but, qu’une obsession : avoir enfin l’opportunité d’attirer son regard, de susciter l’excitation nécessaire pour débuter avec lui une histoire d’amour onirique et intense.
Mais il ne me voit pas, il préfère les autres, alors que s’il me prenait moi, je peux dire sans offense ni prétention, qu’il trouverait une osmose spirituelle et qu’il attendrait en moi l’orgasme. Car je suis bien mieux que les autres.
Rien qu’un geste de lui et je dévoilerai mon intimité la plus crue, je serai l’être le plus ouvert pour l'effeuillage le plus sensuel.
Oh enfin le laisser devenir voyeur de mon émouvante, nudité, sans masques ni ombrelles, oh enfin susciter des reflets d’opale dans son regard concupiscent!
Oh enfin laisser ses doigts effleurer toutes les lignes de mon corps : enfin me laisser pénétrer de toute son âme avec en point d’orgue sa jouissance ultime !
Mais hélas, hier soir encore, il ne m’a pas touché. Il a préféré débuter une autre histoire.
Je ne suis qu’un livre parmi d’autres posé sur son étagère...