Ce blog a pour but d'échanger des idées et des ressentis sur des livres, des citations, des lieux, des voyages, sur la vie, la recherche du bonheur...l'amour...
Voici mon texte pour la dernière édition des plumes de l'année - les mots débutant par P.
Il fallait utiliser les mots suivants:
Poussiéreux (se) – pluie – pré – persévérance – parcimonie – picorer -page – perdu(e) – pétillant(e) – procrastination* – pédalo – putréfaction – pollen – pardon – persan – pivoine – partage – poudrer.
* La procrastination est la tendance chrnonique à remettre au lendemain ce qu'on peut faire immédiatement.
Imaginez, vous êtes couché sur une pelouse alpine, bien grasse, bien aérée par une petite bise brisée ou une petite brise bisée...allez savoir comment fonctionne le vent...
Devant vous, le spectacle des neiges éternelles, et ce long pré poudré de fleurs sauvages aux couleurs bleue, mauve , pivoine. Certaines sont recouvertes d’un vernis transparent comme si les nuages avaient déversé moulte larmes magiques sur leurs pétales.
Vous êtes là, absorbé par des pensées poussiéreuses, à essayer de tourner les pages désespérément blanches de votre existence aspartamée.
Vous voudriez inhaler tous les pollens de la vie mais vous avez peur au point de vous inventer toutes les allergies inimaginables. Vous vous contentez de picorer des guimauves en forme de nuages alors que vous êtes affamé d’amour. Votre persévérance à vous réfugier dans les songes fait que le seul être qui partage vraiment votre quotidien est Grifouille, le chat persan…
Mais aujourd’hui, le tintamarre des clarines des vaches aux yeux cerclés et le tumulte du torrent vont vous offrir la plus belle illusion de la vie.
La voici : telle une nymphe échappée d’un conte que votre imagination aurait crée, elle apparaît soudain au détour du chemin. Elle est sublime, ses yeux ont le bleu profond de la gentiane, ses jambes sont l’œuvre des dieux, sa bouche à la forme d’un coquillage audacieux, son sourire vous fait l’effet des bonbons pétillants de votre enfance, sa voix transforme votre sang en grenadine lorsqu’elle vous demande « Pardon Monsieur, je me suis égarée, pourriez vous m’indiquer le chemin qui ramène à Bionassay s’il vous plait ? »
A cet instant précis, c’est vous qui êtes perdu.
Le temps a passé, Justine est devenue une boite à archives , celle que vous ouvrez avec parcimonie.
Les jours où l’ennui prend les rennes, Justine redevient la reine...
Vous avez mis du temps : l’amour naissant à une fâcheuse tendance à la procrastination, c’est ce qui le différencie principalement de son jumeau de cœur : le chagrin d’amour.
Désormais, plus de randonnées dans les alpages : à cinq ans vous aviez déjà peur des fantômes. Même en vacances en Suisse, vous voilà condamné au pédalo sur les lacs monotones, observant la lente putréfaction des algues en bord de rive, asphyxiées par le niveau d’eau trop bas.
Vous prenez alors tout doucement conscience que vous êtes cette algue…